Quelle est le pays le plus grand au monde et comment a-t-il évolué dans l’histoire ?

La Russie couvre un peu plus de 17 millions de km², soit environ 11 % des terres émergées de la planète. Ce territoire s’étend sur onze fuseaux horaires, de l’enclave de Kaliningrad en Europe jusqu’aux côtes du Pacifique. Mais ce statut de pays le plus grand au monde n’a rien d’un accident géographique : il résulte de plusieurs siècles d’expansion, de reculs et de recompositions politiques.

Pourquoi la Russie est le pays le plus grand au monde en superficie

Vous avez déjà regardé un planisphère en vous demandant pourquoi un seul pays occupait autant de place ? La réponse tient en un mot : la Sibérie. Ce territoire immense, faiblement peuplé, représente à lui seul la majeure partie de la superficie russe.

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Pour donner un ordre d’idée, la Russie est presque deux fois plus grande que le Canada, deuxième au classement mondial. Le Canada affiche environ 9,98 millions de km², la Chine environ 9,7 millions et les États-Unis environ 9,37 millions. La Russie dépasse chacun de ces pays par plusieurs millions de km².

Cette superficie inclut aussi bien des terres que des eaux intérieures (lacs, fleuves, réservoirs). La superficie terrestre seule dépasse les 16,3 millions de km². Même en retirant les masses d’eau, la Russie reste largement en tête.

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Professeur de géographie désignant la Russie sur une carte politique mondiale dans une salle de cours universitaire

Expansion de l’Empire russe : comment la Russie est devenue si vaste

La Russie n’a pas toujours été un géant territorial. Au XVe siècle, la Moscovie ne représentait qu’une fraction de ce qu’on appelle aujourd’hui la Russie européenne. L’expansion s’est faite par étapes, principalement vers l’est et le sud.

La conquête de la Sibérie

À partir du XVIe siècle, des expéditions de cosaques et de marchands de fourrures ont traversé l’Oural pour pénétrer en Sibérie. En quelques décennies, ces colonnes avancèrent jusqu’au Pacifique. Le terrain était peu peuplé, les résistances locales limitées. La Russie gagnait ainsi des millions de km² sans guerre majeure sur ce front.

Cette progression vers l’est distingue fondamentalement la Russie des autres grandes puissances coloniales européennes. Là où la France ou l’Angleterre fondaient des empires outre-mer séparés par des océans, la Russie absorbait des terres contiguës à son propre territoire.

Les marges occidentales et méridionales

Les variations historiques les plus disputées se situent aux frontières ouest et sud. Au fil des siècles, l’Empire russe a intégré :

  • Les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), annexés au XVIIIe siècle après les guerres contre la Suède
  • De vastes portions de la Pologne, partagée à trois reprises entre la Russie, la Prusse et l’Autriche à la fin du XVIIIe siècle
  • Le Caucase et l’Asie centrale, conquis progressivement au XIXe siècle, ajoutant des territoires allant du Kazakhstan actuel aux frontières afghanes

Au XIXe siècle, l’Empire russe dépassait largement les frontières actuelles de la Fédération de Russie. Il englobait aussi la Finlande, une partie de la Pologne et l’ensemble de l’Asie centrale.

De l’URSS à la Fédération de Russie : un territoire qui se contracte

Après la Révolution de 1917, l’Union soviétique a repris l’essentiel du territoire impérial, à quelques exceptions (la Finlande, les États baltes temporairement, la Pologne reconstituée). L’URSS était alors le plus grand État au monde, avec une superficie encore supérieure à celle de la Russie actuelle.

La vraie rupture intervient en 1991. La dissolution de l’Union soviétique fait naître quinze États indépendants. L’Ukraine, le Kazakhstan, les républiques baltes, la Géorgie, l’Ouzbékistan et les autres quittent l’ensemble soviétique.

La Fédération de Russie est reconnue comme l’État continuateur de l’URSS. Elle hérite du siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, de l’arsenal nucléaire et de la majeure partie du territoire. Malgré la perte de plusieurs millions de km², elle conserve le premier rang mondial en superficie.

Ce passage d’un État impérial multinational à un État national plus resserré constitue le basculement le plus marquant de l’histoire territoriale russe. La Russie de 1991 est plus petite que l’URSS, mais reste plus grande que n’importe quel autre pays.

Paysage immense de la taïga sibérienne enneigée avec une rivière gelée illustrant l'étendue territoriale de la Russie, plus grand pays du monde

Superficie de la Russie comparée aux autres grands pays du monde

Le classement des plus grands pays par superficie met en lumière l’écart considérable entre la Russie et ses suivants.

Pays Superficie totale (km²) Part des terres émergées
Russie 17 098 242 11 %
Canada 9 984 670 environ 6,1 %
Chine 9 706 961 environ 6,3 %
États-Unis 9 372 610 environ 6,1 %
Brésil 8 515 767 environ 5,6 %

À eux cinq, ces pays couvrent plus d’un tiers de la surface terrestre de la planète. La Russie à elle seule représente autant que le Canada et l’Inde réunis, ce qui donne la mesure de l’écart.

Vous remarquerez aussi que la Chine et les États-Unis se disputent la troisième et la quatrième place selon les méthodes de calcul. Les chiffres varient légèrement d’une source à l’autre, en fonction de l’inclusion ou non de certaines masses d’eau et de territoires contestés.

Territoire russe et frontières contestées : une question toujours ouverte

La superficie d’un pays n’est pas un chiffre figé. Elle dépend de ce que l’on comptabilise et de ce que la communauté internationale reconnaît. Dans le cas de la Russie, cette question est particulièrement sensible.

L’annexion de la Crimée en 2014 a ajouté environ 27 000 km² au territoire revendiqué par Moscou. Cette annexion n’est pas reconnue par la plupart des États membres de l’ONU. Les chiffres officiels de superficie varient selon la source consultée, certaines intégrant la Crimée dans le décompte russe, d’autres la maintenant dans le territoire ukrainien.

Le conflit en cours en Ukraine pose des questions similaires pour d’autres régions. Ces situations montrent que la taille d’un pays relève autant du droit international et de la géopolitique que de la géographie physique.

La Russie reste, quel que soit le mode de calcul retenu, le pays le plus étendu de la planète. Son rang n’est pas menacé par les fluctuations de quelques dizaines de milliers de km² à ses marges. Le Canada, deuxième, est plus petit de plus de sept millions de km². Aucun redécoupage territorial prévisible ne changerait ce classement.

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