Demain nous appartient, diffusée sur TF1 depuis 2017, est tournée à Sète, ville portuaire de l’Hérault coincée entre la Méditerranée et l’étang de Thau. Les extérieurs exploitent les quais, les ponts et les plages de la commune, tandis que la majorité des scènes intérieures sont filmées dans des studios aménagés sur place, et plus récemment à Montpellier.
Ce découpage entre décors réels et plateaux construits de toutes pièces explique pourquoi certains lieux de la série n’existent tout simplement pas dans le paysage sétois.
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Pourquoi Sète a été choisie comme ville de tournage de DNA
Le choix de Sète ne tient pas au hasard géographique. La production cherchait une ville côtière du sud de la France suffisamment photogénique pour incarner un cadre de vie méditerranéen, mais aussi assez compacte pour limiter les déplacements entre les différents lieux de tournage. Sète coche ces deux cases : ses canaux, son mont Saint-Clair, ses façades colorées et sa lumière naturelle offrent une palette visuelle renouvelable au fil des saisons.
L’autre facteur, moins visible à l’écran, est logistique. La ville disposait de friches industrielles suffisamment vastes pour y construire des studios permanents, un critère déterminant pour un feuilleton quotidien qui tourne plusieurs épisodes par semaine sans interruption.
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Studios de Sète : l’ancienne usine viticole transformée en plateau
Le cœur caché de la série se trouve dans une ancienne usine réhabilitée, à l’entrée de Sète. Ce bâtiment a été converti en un studio permanent de tournage.

L’usine abrite notamment les appartements des personnages, le commissariat et l’hôpital, des lieux que les téléspectateurs voient quotidiennement sans savoir qu’ils se trouvent tous sous le même toit.
Ce qui surprend, c’est la densité de l’installation. Les nombreux décors coexistent dans cet espace, permettant aux équipes de passer d’une intrigue à l’autre sans quitter le bâtiment. Pour un feuilleton qui produit un épisode par jour de semaine, cette concentration réduit considérablement les temps morts entre les scènes.
Décors extérieurs à Sète : ce qui est réel dans la série
Plusieurs lieux sétois apparaissent régulièrement à l’écran et sont accessibles aux visiteurs. Leur usage varie : certains ne servent que pour les plans d’illustration, d’autres accueillent de véritables scènes avec dialogues et figurants.
- Le quai d’Orient (187 quai d’Orient) : la caisse régionale de Crédit Maritime Mutuel y tient lieu de tribunal dans la série, avec des prises de vues extérieures et intérieures exploitant son architecture moderne.
- Le pont Sadi Carnot : ce pont de grande envergure sert régulièrement de décor de transition pour les déplacements des personnages dans Sète.
- La plage des Trois Digues (entre Sète et Marseillan-Plage) : c’est là que se trouve la paillotte du Spoon, lieu récurrent de la série.
- Le Quartier Haut : plusieurs façades du quartier historique servent de décor pour les habitations des personnages, notamment la colocation de Victoire et Georges.
Un détail technique à noter : pour certaines maisons comme celle des Beddiar, seules les façades extérieures sont filmées sur place. Les scènes d’intérieur correspondantes sont tournées en studio. Ce procédé, classique en production audiovisuelle, trompe efficacement l’œil du spectateur qui associe façade et intérieur comme un même lieu.
Cité Créative de Montpellier : le nouveau pôle de tournage depuis 2023
Depuis 2023, une partie des séquences de Demain nous appartient est tournée dans les studios de la Cité Créative de Montpellier. Ce transfert partiel répond à un besoin concret : certains décors intérieurs nécessitent plus de surface et de hauteur sous plafond que ce que l’usine réhabilitée de Sète peut offrir.

Cette information, communiquée lors des rencontres professionnelles organisées par la Région Occitanie (présentations « Tournages en Occitanie » 2023 et 2024), montre que la géographie de production de DNA s’est élargie. Le feuilleton n’est plus exclusivement sétois dans sa fabrication, même si Sète reste le cadre narratif unique de l’histoire.
L’utilisation de Montpellier s’inscrit aussi dans une logique financière. Depuis la révision du crédit d’impôt fiction en France en 2024, la production concentre davantage de jours en studio pour optimiser ce dispositif fiscal. Les décors fixes comme le commissariat et l’hôpital, qui reviennent dans presque chaque épisode, sont au cœur de cette stratégie décrite dans la documentation professionnelle du CNC.
Tournage éco-responsable : les coulisses logistiques de DNA
Entre 2022 et 2024, la production a modifié ses pratiques pour réduire son empreinte environnementale. Ce virage a été suffisamment marqué pour que la série soit citée dans les bilans « tournages éco-responsables » de la Commission du Film d’Occitanie.
Les mesures adoptées touchent plusieurs aspects de la chaîne de production :
- Les décors sont conçus pour être réutilisables d’une saison à l’autre, ce qui limite la consommation de matériaux.
- Le matériel technique est mutualisé entre les différentes équipes au lieu d’être dupliqué.
- Les déplacements quotidiens entre Sète et Montpellier sont regroupés pour limiter les allers-retours.
- La cantine de tournage propose des options bas carbone pour les équipes.
Ces ajustements restent invisibles à l’écran, mais ils modifient la manière dont les épisodes sont planifiés. Concentrer plusieurs intrigues dans un même décor fixe n’est pas seulement un choix artistique : c’est aussi une contrainte logistique assumée pour réduire les trajets et les montages-démontages de décors.
La double implantation Sète-Montpellier, les façades réelles combinées aux intérieurs en studio et les contraintes d’éco-production dessinent une réalité de fabrication bien plus complexe que ce que l’image à l’écran laisse deviner. Pour les fans qui visitent Sète en espérant reconnaître chaque recoin de la série, une partie des décors de DNA n’a jamais existé en dehors des murs d’une ancienne usine viticole ou d’un plateau montpelliérain.

